GLOBAL FINANCIAL WATCHDOG RELAUNCHES IDEA OF TOBIN TAX
Adair Turner, le président de la Financial Services Authority (FSA), l'autorité des marchés britannique, a réaffirmé lundi aux côtés de son homologue français, Jean-Pierre Jouyet (AMF) son désir de voir mis en place une taxe sur les transactions financières. "Nous ne devons pas exclure l'éventualité d'une taxe sur les transactions financières si nous sommes préoccupés (...) par l'instabilité dans le secteur financier ou la taille des rémunérations dans ce secteur", a affirmé le président de la FSA, lors d'une conférence sur la régulation en Europe. Estimant que "ce ne sont pas les institutions qui ont failli (durant la crise financière, ndlr), mais la théorie d'auto-régulation des marchés", Turner s'est inquiété que certaines activités de marché se fassent à la fois via le système bancaire et en dehors. Il a souligné que cette éventuelle taxe, inspirée de la taxe Tobin et dont les contours ne sont pas dessinés, ne pénaliseraient pas la plupart des rémunérations du secteur financier. Imaginée par James Tobin au début des années 70, une taxe sur les transactions financières destinée à décourager la spéculation et à soutenir les pays pauvres n'a jamais vu le jour, devant l'opposition des milieux financiers mondiaux.
Egalement favorable à cette idée, M. Jouyet, président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), a précisé que cette mesure n'avait pas pour seul but de taxer, mais qu'elle pouvait être une source de financement pour des institutions financières comme le Conseil de stabilité financière. Cette taxe n'évitera pas "la spéculation, ni les mouvements à court terme, mais (elle) procurera des réserves utiles en cas de nouvelles faillites --qui peuvent être aussi bien publiques que privées--, et des nouvelles ressources de financement utiles", a affirmé Jouyet.