Barack Obama veut taxer les banques

13/01/2010
Le temps: Barack Obama veut taxer les banques

Face à l’émoi suscité par les bonus, la Maison-Blanche annoncera en février une nouvelle mise à contribution des banques. La lutte pour réformer la finance dominera l’agenda du Congrès dans la course aux élections partielles de novembre

Encadrées par les esprits parmi les plus brillants, les négociateurs les plus habiles, les grandes institutions de Wall Street ont longtemps dominé le débat rhétorique sur la nécessité d’encadrer aussi peu que possible leurs activités. Depuis trois jours, elles affrontent un défi auquel leur logique les a moins préparées: celui de la colère de l’opinion publique, ravivée par l’annonce ce week-end par le New York Times des primes versées à leurs cadres, proches des records. Elles font également face à une administration Obama sommée de répondre à cet émoi, à onze mois d’élections durant lesquelles pourrait se jouer la majorité dont elle dispose actuellement au Congrès.

Ni taxe Tobin ni super-taxe sur les bonus

Le projet de la Maison-Blanche d’imposer une nouvelle taxe sur les banques a commencé à être évoqué lundi soir. Relayées mardi par les médias, d’autres «fuites» en provenance de la Maison-Blanche laissent entendre que ce projet vise à ramener 120 milliards de dollars dans les caisses de l’Etat. La forme de contribution – taxe sur les bénéfices? sur la valeur totale des actifs? – n’est pas précisée. Il ne s’agirait pas d’une taxe «Tobin» sur les transactions financières, que les autorités européennes ont remises au goût du jour en décembre. Ni d’une super-taxe sur les bonus, à la britannique, écartée par l’administration Obama l’automne dernier.

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Ces 120 milliards sont à rapprocher du montant que Washington estime ne jamais devoir récupérer du plan de sauvetage – le «TARP» – débloqué au cœur de la crise, après la faillite de Lehman. Les banques ont beau jeu de rappeler que, sur les 373 milliards de dollars dépensés, 165 milliards ont été remboursés. Mais ce montant concerne avant tout la prise de participation temporaire de l’Etat au sein de ces banques, destinée à «bétonner» leurs fonds propres. Et non les programmes visant, par exemple, à favoriser le rachat d’actifs «toxiques» encombrant les établissements.

Audition parlementaire

Les détails de ce projet de taxation seront dévoilés en février lors de la soumission au Congrès du budget 2011. D’ici là, les lobbys financiers vont combattre pied à pied cette mesure, tout comme le projet de loi de réforme financière que la commission bancaire du Sénat finalisera d’ici à la fin du mois.