Le "plan" Mer-kozy sur la taxe sur les transactions financières

18/08/2011
Opinion

Crise de la dette: "Ce sommet est un nouveau coup d’épée dans l’eau"
Proposition 1: Inscrire l'équilibre budgétaire dans les constitutions. Après l'échec du pacte de stabilité acté par les récentes crises de la dette, Sarkozy et Merkel proposent de l'acter dans les constitutions nationales. Le président français va même jusqu'à menacer les socialistes français de faire campagne là dessus pour les présidentielles si le congrès rejette ce changement dans la constitution, ce qui est culotté après des années de laxisme fiscal de la droite.

Proposition 2 : Renforcement de la gouvernance économique via l'organisation de réunions, au moins deux fois par an, des chefs d'Etats, avec une présidence tournante de deux ans qui démarerait sous la présidence de van Rompuy. Bref, ils continueront de parler de gouvernance économique aux sommets européens. 

Proposition 3 : l'harmonisation de l'assiette de l'impôt sur les sociétés au niveau franco-allemand, qui va dans le sens d'une harmonisation, ce qui peut être une bonne nouvelle si l'harmonisation ne se fait pas à la baisse, ce qui viendrait plomber les déficits nationaux.

La grande déception: Pas d'Eurobonds ni de développement du fond de stabilité. Comme Sarkozy l'a souligné, "les eurobonds consisteraient à garantir le triple A à la dette de tous les pays de la zone euro". Or, ajoute-t-il, "ils garantieraient la totalité de la dette sans avoir la maitrise et la création de la dette". Il ne faut pas prendre le problème à l'envers: garantir un triple A à tous les pays européens est une condition sine qua non à la stabilisation de leur dette!

Rien de nouveau sur le front la TTF: juste un faux effet d'annonce

La commission européenne a annoncé en juin qu'elle introduirait une proposition de taxe sur les transactions financières en Europe après l'été. Sarkozy a annoncé exactement la même chose, avec le même agenda.

Une taxe au niveau des 27 Pays de l'Union : le gouvernement allemand a précisé plus tard dans la journée qu'il s'agit bien d'une TTF pour les 27 pays et pas juste pour l'Eurozone. Les gouvernements britannique, néerlandais et suédois ont promis de bloquer le projet.

"Suite à l'annonce de la TTF, les marchés s'effondrent", titrent tous les journeaux conservateurs. Mais, pourquoi les marchés financiers ne réagiraient que maintenant à une proposition  annoncée par la commission européenne au début de l'été?
C'est à la mauvaise réponse donnée par Merkel et Sarkozy à la crise de la dette que les marchés financiers ont mal réagi!

Déchaînement contre la FTT: toujours les mêmes arguments

Rien de nouveau du côté du front anti TTF:
- les banques menacent de reporter le coût de la taxe sur les clients finaux et les prêts aux Etats.
- les fonds d'investissement menacent de fuir hors d'Europe

Finalement, c'est assez légitime de ne pas vouloir payer de taxes. Les marchés financiers ne sont pas là pour le bien public mais pour faire du profit. Ce qui n'est pas normal en revanche, c'est de menacer des Etats et leurs contribuables.

Ce que nous aurions aimé qu'ils fassent :

- Changer le rôle de la BCE et le fait que celle ci puisse intervenir directement en rachetant la dette des pays les plus endettés.
- Le renforcement du Fond européen de stabilité
- La mise en œuvre d’un juste échange et donc nous protéger du dumping fiscal et du dumping social.
- Différencier dans le pacte de stabilité et de croissance les dépenses liées à l’investissement et les dépenses liées au fonctionnement et l’émission d’Eurobonds