Gros plan sur la regulation des fonds spéculatifs et de capital-investissement
Un des gros dossiers du moment, au niveau européen comme au niveau américain, est la régulation de fonds qui, jusqu'à présent, échappaient à toute régulation, à savoir les fonds spéculatifs et de capital d'investissement, communément appelés par leurs noms anglais: "hedge funds" et "private quity". Voici quelques explications sur ce qu'ils sont, sur le combat des progressistes pour faire la lumière sur leurs activités, et sur la bataille qui se déroule, au niveau européen, et dont on n'entend malheureusement peu parler dans les médias nationaux...
Qu'est ce que les Hedge Funds?
Pour faire simple, les hedge funds sont des instruments d'investissements qui misent sur des positions variables à court terme sur les marchés des titres. Contrairement aux fonds de pension, aux assurances ou aux banques d'investissements, les hedge funds ne sont pas du tout régulés: ils ne sontbpas enregistrés auprès des autorités des marchés financiers, ils ne sont soumis à aucun contrôle officiel. Ce qui leur permet de prendre des risques totalement inconsidérés...mais pouvant rapporter gros! Afin de pouvoir prendre des risques si grands et sur des positions à court terme, il est bien évident qu'il faut jouer sur de gros portefeuilles et c'est pour ça que cela ne s'adresse qu'à de riches investisseurs. En savoir plus sur les hedge funds...
Mais ce qui caractérise avant tout les hedge funds, ce sont leur stratégie, et certaines de leurs pratiques, qui sont propres à ces fonds non-régulés. En savoir plus sur le short selling...
Bien avant la crise, des hommes et femmes politiques progressistes avaient soulevé la question de la régulation des hedge funds....
En effet, dès le printemps 2007, des eurodéputés soulevaient la question de la régulation des hedge funds et private equity, devant la Commission parlementaire des affaires économiques et monétaires, dont la socialiste Pervenche Bérès était alors à la tête. Après une analyse critique de la situation, dans le cadre d'une étude lancé par Ieke van den Burgh, eurodéputée néerlandaise, et Poul N. Rasmussen, eurodéputé Danois, ancien Premier Ministre du Danemark et aujourd'hui président du Parti socialiste européen. Dès lors, P.N.Rasmussen s'engage dans la rédaction du rapport d'initative sur la régulation de ces fonds, aujourd'hui surnommé le rapport Rasmussen. Ce rapport est rencontre d'abord une opposition virulente de la part de la droite européenne mais, pendant l'été 2008, les marchés financiers s'effondrent et mettent en lumière les effets néfastes de certains comportements spéculatifs. Aussi le rapport est-il adopté avec une large majorité, de droite comme de gauche, à l'automne 2008, et oblige la Commission à se pencher sur cette épineuse question. En savoir plus....
La Commission publie finalement son rapport en Avril 2009, et commence une violente campagne anti-régulation de la part de l'industrie des hedge funds. En savoir plus sur l'élaboration de la proposition de la Commission...
Ce que nous voulons
Dans notre appel, nous demandons la régulation des fonds spéculatifs, tels que les fonds de placement à haut risque (hedge funds) et les fonds de capital-investissement, et une législation complète, qui encadre de manière efficace
tous les acteurs financiers. Lire l'appel...
Les institutions financières les plus opaques ont créé au coeur même du casino financier mondial une arrière-salle où se déroulent les paris les plus risqués. Les fonds de placement à haut risque et les fonds de capital-investissement ont prospéré dans l’ombre, à l’abri des regards comme de la régulation. Dans les prochains mois, les dirigeants européens vont devoir décider de l’avenir du système financier, et plus spécialement de l’avenir de ces fonds spéculatifs et de capital d’investissement. Les fonds spéculatifs et de capital d’investissement ont ainsi pu prospérer.
En avril 2009, la Commission européenne a proposé une législation pour réguler ces fonds, la directive sur les “gestionnaires de fonds alternatifs” (AIFM en anglais). La balle est désormais dans le camp des gouvernements et des députés européens, qui devront décider si oui ou non ces fonds spéculatif doivent être régulés efficacement.
Pour faire pressio sur les décideurs politiques pour qu'ils aillent au bout de cette réforme, vous pouvez:
- Signer et promouvoir l'appel:
- Ecrire à vos députés pour leur demander de réguler effectivement ces fonds. En lisant régulièrement la rubrique "Info et Presse" de a section "Régulons les marchés" de ce site web, vous pourrez vous tenir informés des différentes positions prises par vos eurodéputés sur ces sujet.
HEDGE FUNDS: SOME TYPICAL DIRTY CASES...
D’après le journal "Le Monde", le montant total des actifs détenus par ces fonds s’élève à 2.250 milliards de dollars, soit 4,36 fois le PIB de la Belgique.
LE CAS MOLEX : UN EXEMPLE-TYPE DE STRATEGIE DE FONDS PRIVATE EQUITY
Molex est fait partie d'une groupe américain qui appartient majoritairement à des fonds de pension. En 2004, cette entreprise américiane a racheté l'usine de Villemur, dans le Sud-Ouest de la France (300 employés). L'usine de Villemur est équipementier automobile, dont le client principal est Peugeot. L'entreprise avait un chiffre d'affaire de 600 000 Euros en 2007, qui atteint 1.2 millions d'Euros en 2008. Pourtant, en 2009, Molex a décidé de fermé l'usine, mettant sur la paille ses 300 employés, et ce, sans même respecter le droit français.
LE CAS DE TDF
Dans une lettre ouverte à Sarkozy, le collectif de salariés de TDF "sauvons TDF" explique que TDF a subi un second rachat en LBO construit autour d’un business plan irréaliste, avec entre autres, la prévision de relais de croissance sans modèle économique défini et l’hypothèse hasardeuse d'un arrêt de la télévision analogique décalé de deux à trois ans, ce malgré des indications non équivoques du gouvernement et du CSA.
Le résultat a été alors une large surévaluation du prix de l’entreprise, avec à la clef un endettement aujourd’hui pharaonique de 3.8 Milliards d’euros de la holding de tête, soit dit en passant immatriculée au Luxembourg. Il est au demeurant surprenant que la CDC (caisse des dépôts et consignations) ait pu cautionner un tel montage.
L’entreprise TDF SAS va bien. Même si tous les relais de croissance (TMP et Radio Numérique) n’ont pas été au rendez–vous, les perspectives d’activité sont bonnes, notamment avec le déploiement à venir de la quatrième licence mobile.
TDF ne souffre en aucun cas d’une adaptation tardive à la fin de l’analogique.
L’entreprise a été le moteur de cette transformation ces dix dernières années, les techniciens et ingénieurs de TDF sont en pointe dans ces domaines.
L’activité résiduelle de l’entretien des émetteurs analogiques n’occupe aujourd’hui que très peu d’emplois. De plus, la décroissance des effectifs de plus de 1000 salariés depuis 2001 conjuguée à des prestations nouvelles dans la téléphonie mobile et les transmissions régaliennes ont largement amélioré la productivité et placé le groupe TDF parmi les entreprises les plus efficaces et avancées dans le développement et le déploiement des technologies numériques.
La raison pour laquelle la direction de TDF, à l’initiative de Patrick Babin, a tenté de justifier un plan de licenciement d’un quart des effectifs ne tient pas face à l’activité actuelle et future, notamment les déploiements de la TNT, de la RNT et des Télécoms.
Le but non avoué est la réalisation d’une plus value à court terme par l’amélioration artificielle des ratios financiers, au détriment des emplois.
Le collectif dénonce que cette conduite soit dictée par des intérêts personnels. En effet, certains des dirigeants possèdent, par les jeux d’intéressement liés aux montages LBO, des actions de la holding pour des montants qui excèdent parfois le million d’euros. De tels enjeux ne rendent pas lucide.
Du fait de la crise, il est aujourd’hui infiniment peu probable que la vente chimérique imaginée à court terme par les actionnaires de TDF puisse avoir lieu avec les gains escomptés.
Près de 30 % des LBO en France négocient une réduction de leurs créances devant les tribunaux de commerce. Plus d’un million d’emplois sont en danger dont 550 chez TDF.
La situation financière des fonds d'investissement américains tels que TPG est appelée à empirer encore. Cela pourrait l'amener à des actions de sauve-qui-peut telles que de démanteler l'entreprise. Le débarquement de Patrick Babin et la nomination de Patrick Puy en DGA chargé des affaires sociales ce jour (7/12/2009) est la démonstration éclatante de la déraison des actionnaires et de leur désarroi stratégique.
Le contexte économique actuel impose donc un changement de stratégie pour TDF.
Continuer dans la voie actuelle conduira à une catastrophe, car l’entreprise atrophiée par la réalisation du plan « cap numérique » sera incapable d’assurer les défis de l’avenir et même correctement le quotidien. La mise en place de l’organisation « cap numérique » est largement contestée en interne, y compris par de nombreux cadres supérieurs.
Outre les salariés de TDF, qui perdent leur emploi à cause de ces montages financiers, ce sont les citoyens francais qui seront impactés d’ici un à deux ans, par des pannes à répétition sur les réseaux de radio, télévision, les réseaux du ministère de l’intérieur, des pompiers, de la sécurité civile, de la téléphonie mobile, par cette cécité irresponsable.