Exemples concrets

BONUS

Aux Etats-Unis les neuf plus grandes banques américaines qui ont collectivement reçu 175 milliards de dollars du contribuable, ont accordé 32,6 milliards de dollars en bonus en 2008, et surtout à leurs dirigeants. Cette somme est équivalente à la dette des pays pauvres très endettés ou encore au financement nécessaire pour satisfaire les besoins en éducation de base des 68 pays à faible revenu pendant trois ans.

HEDGE FUNDS

D’après le journal "Le Monde", le montant total des actifs détenus par ces fonds s’élève à 2.250 milliards de dollars, soit 4,36 fois le PIB de la Belgique.

LE CAS MOLEX : UN EXEMPLE-TYPE DE STRATEGIE DE FONDS PRIVATE EQUITY

Molex est fait partie d'une groupe américain qui appartient majoritairement à des fonds de pension. En 2004, cette entreprise américiane a racheté l'usine de Villemur, dans le Sud-Ouest de la France (300 employés). L'usine de Villemur est équipementier automobile, dont le client principal est Peugeot.  L'entreprise avait un chiffre d'affaire de  600 000 Euros en 2007, qui atteint 1.2 millions d'Euros en 2008. Pourtant, en 2009, Molex a décidé de fermé l'usine, mettant sur la paille ses 300 employés, et ce, sans même respecter le droit français.

LE CAS DE TDF

Dans une lettre ouverte à Sarkozy, le collectif de salariés de TDF "sauvons TDF" explique que TDF a subi un second rachat en LBO construit autour d’un business plan irréaliste, avec entre autres, la prévision de relais de croissance sans modèle économique défini et l’hypothèse hasardeuse d'un arrêt de la télévision analogique décalé de deux à trois ans, ce malgré des indications non équivoques du gouvernement et du CSA.

Le résultat a été alors une large surévaluation du prix de l’entreprise, avec à la clef un endettement aujourd’hui pharaonique de 3.8 Milliards d’euros de la holding de tête, soit dit en passant immatriculée au Luxembourg. Il est au demeurant surprenant que la CDC (caisse des dépôts et consignations) ait pu cautionner un tel montage.

L’entreprise TDF SAS va bien. Même si tous les relais de croissance (TMP et Radio Numérique) n’ont pas été au rendez–vous, les perspectives d’activité sont bonnes, notamment avec le déploiement à venir de la quatrième licence mobile.

TDF ne souffre en aucun cas d’une adaptation tardive à la fin de l’analogique.

L’entreprise a été le moteur de cette transformation ces dix dernières années, les techniciens et ingénieurs de TDF sont en pointe dans ces domaines.

L’activité résiduelle de l’entretien des émetteurs analogiques n’occupe aujourd’hui que très peu d’emplois. De plus, la décroissance des effectifs de plus de 1000 salariés depuis 2001 conjuguée à des prestations nouvelles dans la téléphonie mobile et les transmissions régaliennes ont largement amélioré la productivité et placé le groupe TDF parmi les entreprises les plus efficaces et avancées dans le développement et le déploiement des technologies numériques.

La raison pour laquelle la direction de TDF, à l’initiative de Patrick Babin, a tenté de justifier un plan de licenciement d’un quart des effectifs ne tient pas face à l’activité actuelle et future, notamment les déploiements de la TNT, de la RNT et des Télécoms.

Le but non avoué est la réalisation d’une plus value à court terme par l’amélioration artificielle des ratios financiers, au détriment des emplois.

Le collectif dénonce que cette conduite soit dictée par des intérêts personnels. En effet, certains des dirigeants possèdent, par les jeux d’intéressement liés aux montages LBO, des actions de la holding pour des montants qui excèdent parfois le million d’euros. De tels enjeux ne rendent pas lucide.

Du fait de la crise, il est aujourd’hui infiniment peu probable que la vente chimérique imaginée à court terme par les actionnaires de TDF puisse avoir lieu avec les gains escomptés.

Près de 30 % des LBO en France négocient une réduction de leurs créances devant les tribunaux de commerce. Plus d’un million d’emplois sont en danger dont 550 chez TDF.

La situation financière des fonds d'investissement américains tels que TPG est appelée à empirer encore. Cela pourrait l'amener à des actions de sauve-qui-peut telles que de démanteler l'entreprise. Le débarquement de Patrick Babin et la nomination de Patrick Puy en DGA chargé des affaires sociales ce jour (7/12/2009) est la démonstration éclatante de la déraison des actionnaires et de leur désarroi stratégique.

Le contexte économique actuel impose donc un changement de stratégie pour TDF.

Continuer dans la voie actuelle conduira à une catastrophe, car l’entreprise atrophiée par la réalisation du plan « cap numérique » sera incapable d’assurer les défis de l’avenir et même correctement le quotidien. La mise en place de l’organisation « cap numérique » est largement contestée en interne, y compris par de nombreux cadres supérieurs.

Outre les salariés de TDF, qui perdent leur emploi à cause de ces montages financiers, ce sont les citoyens francais qui seront impactés d’ici un à deux ans, par des pannes à répétition sur les réseaux de radio, télévision, les réseaux du ministère de l’intérieur, des pompiers, de la sécurité civile, de la téléphonie mobile, par cette cécité irresponsable.